DES SURPLUS ALIMENTAIRES NE FONT PAS UNE POLITIQUE DE LUTTE Communiqué du Réseau Joseph Wresinski « Vie Locale Citoyenne »

, par  JPA , popularité : 20%

C’est au niveau local que se concrétisent et se réussissent les politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, pour autant que le législateur, initiateur des textes d’orientation y apporte le soutien financier de l’État et garantisse l’accès de tous aux droits de tous.

Organisations humanitaires, citoyens et responsables politiques s’indignent de la baisse drastique des fonds alloués au Programme européen d’aide aux plus démunis PEAD) qui vient d’être décidée. Ne devrait-on pas s’indigner surtout que nos sociétés considèrent normal de fonder sur des surplus alimentaires leur politique de lutte contre la pauvreté ?

La recrudescence des soupes populaires modernes, très médiatisées, est à l’honneur des bienfaiteurs et bénévoles qui leur consacrent leur générosité, mais elle déshonore nos responsables politiques et humilie leurs bénéficiaires. Ceux-ci sont contraints d’aller faire la queue, mais disent, lorsqu’on leur donne la parole, qu’ils y perdent leur dignité et leur foi dans l’avenir.

Ne devrait-on pas plutôt s’indigner que, dans le même temps, des droits
fondamentaux comme la CMU1 complémentaire soient de moins en moins accessibles, ou encore que le revenu de dignité – RMI puis RSA - soit tant critiqué et qu’il décroche chaque année depuis plus de 20 ans par rapport au coût de la vie ?

Les populations pauvres avec qui ATD Quart Monde lutte depuis 50 ans en France et dans le monde en ont assez de dépendre du bon vouloir des autres et des politiques à très courte vue.

Ce qu’elles demandent, c’est de pouvoir habiter avec les autres, et non pas dans des hébergements temporaires et stigmatisants.

Ce qu’elles demandent, c’est de pouvoir travailler afin de subvenir à leurs besoins, et non pas encore plus d’une aide alimentaire qui les humilie.

Ce qu’elles demandent avant tout, c’est une école où leurs enfants et leurs jeunes Pourraient se libérer de la fatalité de la misère. Leur désir profond est que ceux-ci ne subissent pas la vie intolérable qu’elles ont vécue. Aujourd’hui, toutes les études montrent que l’impact du milieu social sur l’échec scolaire augmente. Si nous ne

nous attaquons pas à cette question de fond, nous préparons la misère de demain.

ATD Quart Monde est né dans un camp d’hébergement d’urgence, du refus des soupes populaires et des réponses politiques sans lendemain. Il a prouvé qu’il existe d’autres chemins d’éradication de l’exclusion : par des actions collectives durables, par l’accès à l’éducation, par la réalisation des droits de tous pour tous et par la mobilisation de tous contre la discrimination sociale.

Paris, le 21 septembre 2011

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